Le projet du promoteur immobilier Matexi visant à construire 20 maisons unifamiliales sur les anciens terrains de sport de la British School of Brussels (BSB) continue de susciter une vive opposition, près de trois ans après l’annonce officielle du projet en 2023. Les opposants dénoncent la perte d’un espace vert précieux dans l’un des quartiers résidentiels les plus prisés de Tervuren.
Les riverains expriment également de fortes inquiétudes face à l’augmentation du trafic routier, aux risques potentiels d’inondation et à ce qu’ils qualifient d’érosion progressive du caractère semi-rural de la commune.
Pour de nombreux habitants, le projet Matexi cristallise des craintes plus larges liées à l’expansion urbaine et à la perspective de voir se former un corridor bâti continu de Bruxelles jusqu’à Tervuren.

Lors du dernier conseil communal, le bourgmestre de Tervuren, Thomas Geyns (Anders voor Tervuren), a tenté de calmer le jeu. Selon lui, le conseil ne constitue pas l’instance appropriée pour débattre d’un dossier d’urbanisme individuel tant que celui-ci fait l’objet d’une instruction environnementale et administrative.
« Ce conseil doit débattre de principes politiques, non de demandes de permis individuelles », a déclaré Thomas Geyns. Le bourgmestre a également réfuté les affirmations selon lesquelles le site aurait été récemment réaffecté pour faciliter ce projet immobilier.
« Cette zone est classée en secteur résidentiel depuis les plans de secteur des années 1970 », a-t-il rappelé aux conseillers. « Il n’y a eu aucun changement d’affectation », a martelé le bourgmestre.
M. Geyns exerce également la fonction d’échevin responsable de l’urbanisme (stedenbouw). En parallèle, il poursuit ses activités d’avocat, représentant notamment des clients devant le Conseil flamand des contestations d’autorisations de construire. Une situation qui interpelle, alors qu’il avait affirmé au média flamand VRT après les élections de 2024 qu’il ne combinerait pas son mandat de bourgmestre avec d’autres activités professionnelles.
Ce dernier débat autour du projet Matexi met en lumière des tensions politiques plus profondes concernant l’avenir du logement et de l’aménagement du territoire à Tervuren.
Le conseiller communal Groen Bram Peters, lui-même propriétaire d’une maison récemment construite sur un ancien terrain communal, a contesté les affirmations du bourgmestre selon lesquelles le collège n’aurait qu’une connaissance limitée du dossier. M. Peters estime que les grands projets impactant un nombre important de riverains méritent un débat public. Il a occupé le poste d’échevin de l’aménagement du territoire à Tervuren jusqu’en décembre 2024.
Le débat a été initié par la conseillère Tervuren Unie-Volt, Tracey D’Afters, qui a lu une liste de questions préparée pendant une dizaine de minutes.
Le président du conseil, Mario Van Rossum, a salué la précision de son intervention avant d’inviter les élus à éviter la lecture de longs textes préparés à l’avenir.
« Je pense que vous risquez de perdre l’attention des membres du conseil », a-t-il fait remarquer.
Mario Van Rossum, qui siège au conseil communal depuis plus de 40 ans, travaille également comme conseiller auprès de l’ancien bourgmestre Jan Spooren, aujourd’hui gouverneur de la province du Brabant flamand. Les autorités provinciales interviennent précisément dans le traitement des recours liés à l’urbanisme. Jan Spooren est par ailleurs l’époux de l’échevine Annemie Spaas, en charge de l’enseignement et du caractère flamand.
Ce nouveau conflit d’urbanisme fait suite à un arrêt du Conseil d’État, qui a annulé un élément clé du cadre réglementaire de Tervuren visant à protéger les espaces ouverts et à préserver le caractère semi-rural de la commune.
Des politiques d’aménagement plus permissives au cours des décennies précédentes ont favorisé la croissance démographique, la population passant de 15 261 habitants en 1970 à 20 181 en 2000. Si cette évolution a augmenté les recettes communales, elle a aussi accentué la pression automobile dans les rues étroites du centre-ville.
La population de Tervuren s’élève aujourd’hui à 23 179 habitants. Selon les données officielles, 45 % des résidents sont d’origine non belge, contre 29 % en 2000.
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