Le conseil communal examine ce jeudi les comptes annuels de Tervuren. Que les impôts ne soient pas relevés, comme le souligne le bourgmestre Thomas Geyns, ne suffit guère à atténuer l’ampleur d’un endettement qui pèse lourd pour une commune de 23.179 habitants.Une opération comptable avait déjà permis d’adoucir les apparences : le transfert d’une partie de la dette — ainsi que du bâtiment du GITO — vers le réseau GO!. La manœuvre avait fait baisser la dette affichée à l’arrivée de Geyns, sans modifier la situation réelle. Aujourd’hui, Tervuren emprunte massivement pour financer une série de projets d’envergure.Pour répondre aux critiques, le bourgmestre de 29 ans diffuse des
graphiques Voor Tervuren et
visuels censés illustrer des “progrès clairs” dans l’exécution des investissements. En 2023, moins de la moitié des projets prévus ont été menés à bien ; en 2025, ce taux atteindrait 60 %. Le message est simple : la commune investit davantage, et plus vite.
À retenir
La dette communale passerait de 23 à près de 44 millions d’euros d’ici 2031.
74 millions d’euros d’investissements : complexe sportif, site de soins Zoniën, nouvelle école.
Thomas Geyns promet une fiscalité stable malgré un historique de dépassements.
Des projets antérieurs comme Berg Termunt ou le centre culturel ont largement dépassé leurs budgets.
Élections le 13 octobre 2030 — des estimations initiales qui risquent de s’estomper d’ici là.
Un conseiller N‑VA rompt les rangs et critique la stratégie d’endettement
Geyns affirme que les précédentes majorités ont trop privilégié la prudence budgétaire. Les anciens bourgmestres
Marc Charlier et
Jan Spooren n’auraient pas suffisamment investi.Mais lors de la présentation du
plan d’investissement de 74 millions, le conseiller N‑VA Ralph Packet a brisé la discipline de parti. L’ancien eurodéputé
a rappelé un fait têtu : sous les bourgmestres N‑VA, la dette est passée de 70 à 20 millions d’euros, après le
départ houleux du libéral et actuel
bourgmestre honoraire Bruno Eulaerts.La stratégie actuelle est limpide : emprunter 39 millions à long terme — avec un risque non négligeable de hausse des taux — pour financer des projets lourds. Vingt millions pour la rénovation du complexe sportif Diependal. Au moins dix millions pour une nouvelle école à Moorsel. Quant au Masterplan Zoniën, annoncé à 10 millions, il n’apparaît qu’à hauteur de 1,1 million dans ce plan. Les 8,9 millions restants sont renvoyés au prochain plan pluriannuel à partir de 2031.
Dépassements budgétaires : une tradition locale
Tervuren connaît bien les dérapages. Le
stade Berg Termunt a doublé pour atteindre 3,1 millions d’euros. La rénovation du centre culturel — initialement estimée à 2,2 millions — s’est muée en centre administratif et bibliothèque de plus de 13 millions. Avec des honoraires d’architectes belges oscillant entre 8 et 12 %, les budgets futurs grimperont encore.Le bourgmestre parie que les investissements d’aujourd’hui porteront leurs fruits demain. Ou que les habitants auront oublié les estimations initiales d’ici les élections du 13 octobre 2030.Peut‑être. Mais doubler la dette communale ne constitue pas un progrès en soi. C’est un choix politique — et un pari sur un avenir encore incertain.
Dafydd ab Iago est journaliste depuis près de trente ans, spécialisé principalement dans la politique européenne et internationale. « News desert désigne l’absence d’informations locales et de...
Plus par Dafydd ab Iago