Moorsel : le bourgmestre conteste la facture de la nouvelle école – mise à jour. Thomas Geyns remet en cause les chiffres avancés par Tervuren+ et RobTV. Selon son équipe, l’école serait une « école de village » accueillant environ 300 enfants, installée en retrait de la route principale derrière le presbytère. Le bâtiment pourrait également être ouvert à la communauté en dehors des heures scolaires, avec un commerce de proximité.
Le bourgmestre souligne les honoraires d’architecte de 931.743 euros (hors TVA) et les estimations d’avril 2025 qui fixent le coût de construction à 9.425.356,65 euros (hors TVA), incluant la rénovation partielle de la salle de sport, l’équipement initial et les aménagements extérieurs. « Tervuren+ est un canal qui alimente l’antipolitique », a-t-il déclaré à ses 3.800 abonnés sur Facebook.
À 28 ans, Geyns porte un plan d’investissements de 74 millions d’euros entre 2026 et 2031. La construction de De Fonkel 2.0 devrait commencer le 1er janvier 2028 et s’achever en 2029. Aucun projet d’expropriation n’a été évoqué, et la commune promet une concertation avec les riverains, notamment ceux des terrains adjacents.
« N-VA et Voor Tervuren ont instauré une nouvelle culture de transparence au conseil communal », rappelle le bourgmestre, qui a également prévu une séance d’information spécifique pour les habitants de Moorsel.
Dans son programme électoral, Geyns avait budgété 10 millions d’euros pour la nouvelle école, en tablant sur 7 millions de subventions flamandes. Le reste devait être financé par les contribuables de Tervuren. Cette estimation initiale ne prenait toutefois pas en compte les honoraires d’architectes, avocats et autres experts, ni la TVA. Tervuren+ et RobTV ont évoqué 28 millions d’euros.
Pourquoi une augmentation ?
L’estimation de départ de 10 millions reposait sur les subventions attendues. L’ajout des frais d’experts et des honoraires des architectes, non inclus dans le programme de 2024, a porté la somme à 12,2 millions. À cela s’ajoutent des ambitions de conception accrues et des dépenses imprévues. Une sous-estimation initiale des coûts reste un moyen classique de faire passer un projet avant les élections.
Les finances de Tervuren sont déjà sous pression. Les investissements programmés s’élèvent à 74 millions d’euros d’ici 2031. La dette devrait passer de 23 millions en 2025 à 40,7 millions en 2030. La commune prévoit de nouveaux emprunts à hauteur de 39 millions d’euros, à 3,5 % sur 20 ans. L’impôt complémentaire sur les personnes reste fixé à 6,7 %, mais sa soutenabilité pourrait être remise en cause. Avec une école de Moorsel seule coûtant 28 millions, même les subventions flamandes pourraient ne pas suffire.
Parmi les autres projets coûteux, on compte 20 millions pour la rénovation du complexe sportif Diependal et des installations jeunesse de Nettenberg, 4,1 millions pour le musée consacré à l’histoire flamande de Tervuren dans le bâtiment Panquin, 3 millions pour des subventions à l’achat de biens par des résidents ayant des liens locaux renforcés, et 10 millions pour le plan directeur du site de soins résidentiels Zoniën.
La hausse des coûts suscite des questions sur la viabilité financière à long terme. Geyns promet de ne pas augmenter l’impôt complémentaire de 6,7 %, mais la trajectoire de la dette pourrait exercer une pression sur les finances de la commune et limiter la marge pour d’autres projets.
Malgré les 70 % de subventions flamandes, Tervuren pourrait devoir financer une part importante des coûts. La subvention ne couvre qu’un ensemble restreint : tout ce qui dépasse, comme la place du village, le commerce de proximité, la crèche, l’usage sportif hors scolaire, les aménagements paysagers, le mobilier, les litiges, les retards et la TVA, reste à la charge des contribuables.
L’ancien échevin Bram Peters s’est interrogé sur l’ampleur des développements qu’un promoteur privé pourrait réaliser en échange d’un commerce de quartier ou d’une crèche. Il avait demandé une séance à huis clos sur le sujet, mais le bourgmestre Geyns l’a rejetée, arguant que ces bâtiments supplémentaires, non destinés à l’enseignement, ne sont pas éligibles à la subvention de 70 %.
La N-VA, garante des finances communales ??
Entre 2012 et 2024, les finances de Tervuren ont été restaurées sous les anciens bourgmestres N-VA Marc Charlier et Jan Spooren, la dette passant de 70 à 20 millions d’euros. Comme gouverneur du Brabant flamand, Spooren conserve le pouvoir limité de suspendre ou d’annuler certaines décisions communales en cas de non-respect du budget ou de la législation sur les marchés publics.
Il suit également la politique locale via son épouse, échevine du Caractère flamand et de l’Éducation, Annemie Spaas, et par l’intermédiaire de Mario Van Rossum, président du conseil communal et du comité d’éthique, conseiller auprès de Spooren le jour.
Les coûts pourraient aussi être contenus grâce à l’expertise de Geyns et à ses contacts professionnels. En tant que bourgmestre, il a la compétence urbanistique (stedenbouw) et exerce comme avocat, plaidant même devant le Tribunal belge des litiges de permis.
