Lors de la dernière réunion du conseil communal de Tervuren, les élus ont réussi à condenser les espèces invasives, les inquiétudes environnementales, un sentier cyclable boueux vers Bruxelles et les droits diplomatiques liés aux déchets en une seule soirée interminable. La vedette improbable de cette heure : le frelon asiatique.
Ce migrant invasif — largement tenu responsable de la dévastation des populations d’abeilles en Belgique — progresse régulièrement à Tervuren. La conseillère communale Elmo Peeters (Groen+Vooruit) a exhorté la commune à agir avant que le problème ne se généralise, proposant de consacrer 5.000 € par an à l’élimination des frelons asiatiques, y compris sur les propriétés privées.
« Si nous attendons, le problème ne fera que s’aggraver », a averti Peeters pendant le débat d’une heure. Mais sa proposition a été rapidement bloquée. Les questions se sont accumulées : qui réaliserait le travail, quelles méthodes seraient employées et, surtout, quel poison utiliser.
L’ancien bourgmestre N-VA Marc Charlier, désormais échevin de la mobilité et responsable du bien-être animal, a tiré la sonnette d’alarme sur les impacts environnementaux. L’insecticide destiné à tuer les frelons, a-t-il averti, pourrait être catastrophique s’il atteignait les cours d’eau locaux. « Une très petite quantité pourrait anéantir toute vie aquatique », a déclaré Charlier, demandant au conseil d’attendre que “la bonne méthode” soit garantie.
Droits des diplomates privilégiés sur les déchets
La conseillère Tervuren Unie/Volt Tracey D’Afters a exprimé son inquiétude que les diplomates résidant dans cette commune verte et fortement fréquentée par des ambassadeurs soient silencieusement exclus du nouveau système de gestion des déchets Diftar géré par Interrand. Aucun compte. Aucune lettre. Peut-être aucun accès pour les détenteurs d’une carte diplomatique, sauf à déposer leurs déchets illégalement. « Certaines personnes avec un statut diplomatique n’ont absolument aucun accès », a déclaré D’Afters .
L’échevin des finances et de l’environnement Jan Trappeniers a répliqué : « Il est faux de dire qu’ils n’ont pas accès. » Les diplomates peuvent toujours utiliser le parc à conteneurs, s’ils se présentent à la maison communale pour obtenir un pass spécial. Le problème, a reconnu l’échevin, est que le RGPD empêche la commune de contacter directement les diplomates. En d’autres termes, les résidents doivent déjà savoir qu’ils sont exclus pour pouvoir résoudre le problème.
Interrogé sur la manière dont les diplomates non francophones pourraient comprendre tout cela, Trappeniers — qui gère de jour une grande société de fret — est resté impassible. « La communication sera en néerlandais », a-t-il déclaré.
À la fin de la soirée, aucun nid de frelons n’avait été financé, aucun poison approuvé, aucune boue retirée du tronçon forestier du chemin cyclable vers Bruxelles, et aucun droit diplomatique sur les déchets clarifié. À Tervuren, même les frelons et les poubelles sont devenus des sujets politiques.
Frelons asiatiques à Tervuren : que faire
Les frelons asiatiques réapparaissent à Tervuren, et la règle est simple : ne vous approchez pas du nid, ne le touchez pas, ne jouez pas au héros.
Signalez chaque nid suspect via Vespa‑Watch : www.vespawatch.be pour confirmation et suivi.
Si le nid est proche de votre maison, jardin ou de tout endroit où les gens pourraient se faire piquer, contactez les pompiers via : www.1722.be
Coût : à Tervuren, la zone de secours (Hulpverleningszone Oost‑Vlaams‑Brabant) facture 82,28 € pour la destruction d’un nid de frelons ou de guêpes.
Plus d’infos auprès de la commune : tervuren.be/aziatischehoornaar. En résumé : repérer, signaler, reculer — laissez les professionnels gérer les piqûres.
