Les plans de la nouvelle école de Moorsel, à Tervuren, sont désormais estimés à 28 millions d’euros, contre 10 millions d’euros avant les élections. Le bourgmestre Thomas Geyns et son équipe évoquent une école de type « place de village » pour quelque 300 enfants, située en retrait de la voirie principale, derrière le presbytère. Le bâtiment serait également accessible à la collectivité en dehors des heures scolaires.
Cette forte hausse des coûts intervient alors que le bourgmestre Thomas Geyns (28 ans) poursuit un programme de 74 millions d’euros d’investissements communaux entre 2026 et 2031. Le début du chantier de De Fonkel 2.0 est provisoirement prévu pour le 1er janvier 2028, avec une fin des travaux en 2029. Aucune expropriation n’est évoquée. L’administration communale promet en revanche une concertation appropriée avec les riverains, en particulier les propriétaires des parcelles voisines.
« La N-VA et Voor Tervuren ont instauré une nouvelle culture de transparence au sein du conseil communal », affirme Thomas Geyns. Il a même programmé une séance d’information spécifique à destination des habitants de Moorsel.
Dans son programme électoral, Thomas Geyns avait inscrit un budget de 10 millions d’euros pour la nouvelle école. Il tablait alors sur 7 millions d’euros de subsides flamands, le solde de 30 % devant être supporté par les contribuables de Tervuren. Cette estimation ne tenait toutefois pas compte, avant les élections, des honoraires d’architectes, d’avocats et d’autres experts, ni de la TVA.
Décryptage: pourquoi une telle hausse?
- Estimation initiale: 10 millions d’euros, en supposant 7 millions d’euros de subsides flamands; le reste à charge de la commune.
- Coûts supplémentaires ignorés dans le programme électoral 2024 de Geyns: honoraires d’architectes, frais juridiques et autres experts, portant l’estimation à 12,2 millions d’euros.
- Ambitions architecturales accrues et dépenses imprévues portent désormais le total provisoire à 28 millions d’euros.
- La sous-estimation des coûts est une tactique classique pour obtenir un feu vert, surtout en période électorale.
Les finances de Tervuren seront mises sous tension:
- Investissements prévus: 74 millions d’euros (2026–2031)
- Hausse de la dette: de 23 millions d’euros (2025) à 40,7 millions d’euros (2030)
- Nouveaux emprunts: 39 millions d’euros à 3,5 % sur 20 ans
- Engagement fiscal potentiellement intenable: l’additionnel communal à l’impôt des personnes physiques reste à 6,7 %
- Réalité budgétaire: avec la seule école de Moorsel à 28 millions d’euros, les subsides flamands pourraient ne pas suffire.
D’autres projets coûteux?
- 20 millions d’euros pour la rénovation du complexe sportif de Diependal et des infrastructures de jeunesse de Nettenberg
- 4,1 millions d’euros pour un musée consacré à l’histoire flamande spécifique de Tervuren (bâtiment Panquin)
- 3 millions d’euros de primes à l’achat immobilier pour des habitants disposant d’un ancrage local renforcé
- 10 millions d’euros pour un masterplan du site de soins résidentiels de Zoniën
Avec le quasi-triplement du coût de l’école de Moorsel, Tervuren est confrontée à de sérieuses interrogations sur la soutenabilité de ses finances à long terme. Thomas Geyns promet qu’il n’y aura pas de hausse de l’additionnel communal de 6,7 %. Mais la trajectoire de la dette pourrait exercer une pression importante sur les finances communales d’ici 2030, au risque de fragiliser la stabilité financière au profit de projets ambitieux.
Même en tenant compte de subsides flamands annoncés à hauteur de 70 %, Tervuren pourrait devoir assumer une part substantielle de la facture de 28 millions d’euros. Les subsides ne couvrent qu’un périmètre restreint de coûts éligibles, laissant potentiellement à la charge de la commune entre 18 et 20 millions d’euros, voire davantage. Tout ce qui dépasse le cadre approuvé est entièrement à charge des contribuables de Tervuren, y compris une place de village, des usages communautaires et sportifs non scolaires, les aménagements paysagers, les choix esthétiques, le mobilier, les litiges juridiques, les retards et plusieurs millions d’euros de TVA.
La N-VA à nouveau garante des finances communales?
La situation financière de Tervuren avait été assainie entre 2012 et 2024 sous la direction des anciens bourgmestres N-VA Marc Charlier et Jan Spooren. La dette avait alors été ramenée de 70 à 20 millions d’euros. En tant que gouverneur du Brabant flamand, Jan Spooren dispose toujours de pouvoirs administratifs limités lui permettant de suspendre ou de proposer l’annulation de décisions communales, notamment en cas de violation des règles budgétaires ou de la législation sur les marchés publics.
Jan Spooren continue également de suivre de près la politique locale, notamment par l’intermédiaire de son épouse, l’échevine du Caractère flamand et de l’Enseignement Annemie Spaas, ainsi que de Mario Van Rossum, président du conseil communal et de la commission d’éthique, qui travaille par ailleurs comme conseiller de Spooren.
Les coûts pourraient aussi être maîtrisés grâce à l’expertise spécifique et au réseau professionnel de Thomas Geyns. En tant que bourgmestre, il a repris lui-même la compétence de l’urbanisme (stedenbouw) et exerce la profession d’avocat, plaidant notamment devant le Conseil du contentieux des permis.
